29 mars 2009
La journée de la jupe
Cette semaine, Jay s'est penché sur l'actualité culturelle, marquée par le grand retour d'Isabelle Adjani dans "La journée de la jupe". Je précise tout de suite que je n'ai pas vu ce film, je suis juste tombé dessus la semaine dernière sur Arte en zappant, et je me suis pas attardé (notamment parce que je suis allergique à Adjani).
Je pense d'ailleurs que Jay ne l'a pas vu non-plus, et que c'était juste une occasion de me piéger en me faisant dessiner des gonzesses, domaine dans lequel je suis loin d'être à l'aise. Salopard.

19 mars 2009
Les belles histoires de l'oncle Jay 1
Depuis qu'il est tombé sur ce blog, Jay me bassine pour que je fasse des bédés.
Lundi soir, alors qu'on mangeait tranquillement à la pizzéria du coin, le voilà qui revient une fois de plus à la charge. Je lui lâche que de toute façon j'ai rien à raconter, et là, ni une, ni deux, il me sort "Pas de problème, je te fournis les scénars et tu les illustres."
Et il tint parole, l'animal.
Voici donc la première de nos collaborations, si vous voulez vous plaindre, adressez-vous à Jay.

Source : BVA - BPI
18 mars 2009
Nico
La première fois que j'ai vu l'affiche de Coco, j'ai pensé que ça racontait l'histoire de l'élection de Sarkozy. Le yacht, les Ray-Ban, la Légion d'honneur, la montre, tout concordait. Après, j'ai appris que ce n'était pas le cas, mais le parallèle entre le personnage de Gad Elmaleh et notre président me paraissait toujours aussi évident. Pourtant, dans les interviews ou critiques que j'ai pu voir, personne ne semble faire le rapprochement.
Alors j'ai décidé de rendre ça encore plus clair.
05 mars 2009
Enthousiasme
Comme je m'en ouvrais dans un récent billet, je suis un peu fatigué de me laisser aller à la « jouissance assumée à râler et à dire du mal à tort et à travers », comme ils disent si bien à Monde de Merde (site de qualité, puisqu'il a eu le bon goût de me linker). Je me propose donc de me servir de ma célèbre « acuité critique » (©MdM) pour instiller un peu d'enthousiasme dans ce monde froid et cynique.
D'abord avec un roman de Michael Chabon, intitulé le Club des policiers yiddish.
Alors que j'errais dans la librairie pas loin de chez moi en quête de bons gros romans bien épais pour emmener en vacances, j'ai été intrigué par ce titre. D'autant plus que j'ai un certain goût pour l'humour juif et le monde juif en général. Ne me demandez pas d'où ça me vient, peut-être des nombreuses diffusions de Rabbi Jacob qui ont bercé mon enfance, ou de Woody Allen, ou de Popeck, allez savoir (je suis cependant à peu près sûr que Popeck n'y est pour rien).
Donc, je lis la quatrième de
couverture et je découvre que ledit Michael Chabon n'est autre
que l'auteur des Extraordinaires aventures de Kavalier & Clay,
livre épais comme je les aime, mais qui ne m'a pourtant pas
laissé un souvenir impérissable. Oh, ce n'est pas un
mauvais livre, loin de là. Il a même reçu le prix
Pulitzer. Et il est pas désagréable à lire. Mais
voilà, moi, ça m'a pas tourneboulé. L'histoire,
c'est celle d'un Juif d'Europe centrale qui s'installe aux États-Unis
dans l'entre-deux guerres et crée avec son cousin un
personnage de comics, un super-héros appelé l'Artiste
de l'évasion. C'est plein de choses très intéressantes
sur le milieu de la BD dans ces années qui ont vu naître
la plupart des super-héros qu'on connaît aujourd'hui, et
sur le côté typiquement juif du concept de super-héros,
idée explorée depuis par l'expo du Musée d'art
et d'histoire du judaïsme à Paris. Mais, ça manque
d'un petit quelque chose pour décoller, pour devenir ce que
l'auteur semble vouloir en faire, une fresque, ou quelque chose
d'épique dans ce goût-là.
Bref. Le roman dont nous nous entretenons présentement n'est pas Les Extraordinaires aventures de Kavalier & Clay, mais Le Club des policiers yiddish.
S'il fallait classer ce livre ce serait
un roman noir glissé dans une uchronie. Voilà pour le
genre (faites une recherche dans Wikipédia pour « uchronie »).
L'idée, c'est qu'en 1940, les États-Unis
ont décidé de peupler l'Alaska en y invitant les Juifs
d'Europe de l'Est. Mais pas tout l'Alaska, non, on leur file juste un
petit bout appelé le district de Sitka, et puis c'est à
durée déterminée, on rétrocède
tout ça quelques dizaines d'années d'après. Le
roman s'ouvre donc là-dessus : on est dans un district de
l'Alaska judaïsé, quelques mois avant la rétrocession,
dans un monde où l'état d'Israël n'existe pas.
Là-dessus, Meyer Landsmann, un flic comme on en fait plus
depuis les films noirs des années 50 (solitaire, alcoolique,
divorcé ; vous voyez le topo) se trouve confronté au
meurtre d'un certain Mendel Shpilman, joueur d'échecs et
toxicomane. Et là, le lecteur frémit : un flic cliché,
une histoire d'échecs autour d'un meurtre : ça sent
mauvais. Très mauvais. Et pourtant, c'est bien là
qu'est la réussite du livre : en faisant se percuter clichés
du roman noir et culture yiddish, Chabon arrive à créer
une atmosphère originale, bizarrement prenante, et pourtant,
dieu sait que je déteste l'ambiance Grand Nord, neige, froid,
et tout le tremblement.
Chose plutôt rare dans les uchronies, l'intrigue tient bien le coup. La bonne idée de Chabon, c'est de lier son monde imaginaire et le monde réel par un fait peu connu en France : l'attachement mystique des pires fanatiques religieux américains pour Israël, Jérusalem étant le lieu de la bataille finale entre Jésus et les forces du Mal. Cette idée folle, développée par William Karel dans son glaçant documentaire « Le monde selon Bush », a beaucoup surpris Jacques Chirac lorsque George Bush lui en a parlé à mots couverts en se référant à Gog et Magog.
C'est bien vu, mais le plus intéressant dans le livre, c'est plutôt cette ambiance à la fois drôle et mélancolique, sertie de morceaux d'argot yiddish, cette morale de l'histoire qui semble nous dire que la patrie, c'est là où l'on vit, où l'on a des souvenirs, même si c'est un coin pourri dans le Grand Nord. Seulement, il est difficile d'appeler « patrie » un coin de terre où vous êtes tout juste toléré. Du coup vous pouvez très bien vous sentir exilé, « pas chez vous », même quand vous êtes chez vous.
Cela dit, et au delà du décor et des considérations sur l'exil, les échecs ou le fanatisme religieux, le fond du livre n'est finalement pas si éloigné des Extraordinaires aventures de Kavalier & Clay : les deux romans abordent en effet le côté messianique de la culture juive, cette attente du sauveur, qui, suivant les époques, peut prendre la forme du Golem ou de Superman. A travers les personnages de Shpilman, ce messie qui refuse son statut de messie, et de Landsmann, le flic solitaire qui ne compte que sur lui-même, le Club des policiers yiddish règle son compte à cette attitude passive consistant à attendre que quelqu'un vienne régler vos problèmes à votre place.
L'intérêt d'un livre ne peut cependant pas être limité à l'évocation de ses différentes strates, et dans le fond, le plus important c'est que ce roman procure un vrai petit bonheur de lecture. C'est le genre de livre qu'on est content de retrouver et j'ai été bien triste d'arriver à la fin et d'abandonner le district de Sitka.
03 mars 2009
An ti bo Matinik *
De notre envoyé spécial dans l'île aux fleurs

<p><p><p><p><p><p>An ti bo Matinik - Bon baisers de Martinique</p></p></p></p></p></p>
Que dire d’un séjour en Martinique, sans parler de soleil, de plages au sable fin, de mer turquoise et de cocotiers ? Et bien plein de choses, bande d’incultes.
Les sportifs, mais aussi les férus de vacances culturelles ou bien encore les amateurs de tourisme dit « vert » peuvent allègrement y trouver leur compte. Mais plutôt que de faire une apologie aveugle de mes terres d’origine et par la même occasion faire le boulot de l’office du tourisme (sans même être payé), parlons plutôt de mes vacances, de ce que j’ai vu et vécu.
Vous n’êtes sans doute pas sans savoir qu’une grève généralisée paralysait partiellement l’activité économique des Antilles françaises. Mais je m’en suis personnellement plutôt bien tiré, j’ai mangé à ma faim (ce qui est une prouesse dont peuvent vous assurer ceux qui connaissent mon appétit **) et j’ai à peu près pu me déplacer partout où je le voulais.
Le
choix des aliments était plutôt restreint, limité
à ce qui se produisait localement et pour faire le plein
d’essence il m’a fallu patienter 2 heures 30 sous le contrôle
des gendarmes et éviter de peu une bagarre.
Les revendications sur la vie chère (qui est une réalité effrayante) et le pouvoir d’achat sont légitimes. Il serait vraiment malvenu de ma part de ne pas soutenir le mouvement de grève encore en cours ce jour. Tout le monde là-bas approuve la lutte contre une vie bien trop chère et contrôlée par une caste très minoritaire.
J’apprends d’ailleurs ce matin que des avancées concernant les salaires sont en cours et que les revendications sont en train d’être progressivement satisfaites.
Mais fallait-il pour cela violemment menacer de fermer les administrations, grands magasins, voire petits commerces qui ne souhaitaient pas forcément cesser leur activité ? Fallait-il décréter que la grève doit être solidaire et forcer les non-grévistes à rejoindre le rang des manifestants ? Fallait-il qu’un climat de violence sans précédent s’installe dans la capitale ?
Je me contente de poser la question, fuyant la réponse.
Est-il normal que des territoires de l’Etat français soient laissés pour compte ? Peut-on approuver que la féodalité perdure dans une région française, aussi éloignée soit-elle de la capitale ?
Assurément, non.
Que cela rassure tout le monde, j’ai également pleinement profité du soleil, des plages au sable fin, de la mer turquoise et des cocotiers… N’est-ce pas là l’essentiel ?
Signé : Jay
* Bons baisers de Martinique
** C'est vrai



